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Actualité – VERMEER et les maîtres de la peinture hollandaise

Depuis l’exposition de l’Orangerie inaugurée  par André Malraux en  1966, aucune manifestation  sur le maître de Delft n’avait eu lieu à Paris. La communication du Louvre pour cette  exposition moins confidentielle que les précédentes – notamment celle du peintre et dessinateur néoclassique Edme Bouchardon – draine des foules à un point tel qu’après trois jours d’ouverture, cette honorable institution semble complètement dépassée par les évènements et pourrait être conduite à « revoir sa copie » sur le plan Organisation/logistique.

Cette exposition mérite t-elle d’être vue ? Oui !

Elle est passionnante : en effet,   elle remet en cause des idées véhiculées jusqu’à présent, celle d’un artiste travaillant dans son coin. Elle permet également, par comparaison avec les tableaux des autres artistes réalisant cette peinture de genre élégante de la 3ème moitié du XVIIème siècle en Hollande,   de comprendre en quoi Vermeer est si spécifique. Il apparaît que, contrairement à ce que l’on  pourrait imaginer d’un génie, il n’est pas un lanceur d’idées, mais un peintre de la métamorphose, de la transformation, de la sublimation.

Et le jeu, lorsque l’on visite l’exposition, est de trouver le Vermeer parmi les autres maîtres de cette période. Quelques clés pour identifier les œuvres de ce génie : le côté cotonneux, la lumière sur la gauche qui éclaire le sujet principal, la reprise des sujets de ses contemporains en éliminant le pittoresque, les traitement des détails au point de transformer les scènes en quelque chose d’idéal et de silencieux.

Le talent des commissaires,  c’est d’avoir traité ce sujet sans sources écrites : en effet,  il n’existe pas de documentation écrite, pas de journal intime, pas de correspondance, pas de compte rendu de visite d’un artiste à un autre,  donc rien de factuel. Les historiens d’art du Musée du Louvre, de la National Gallery de Washington et de la National Gallery d’Iralande, ont travaillé avec les seuls éléments factuels, les œuvres des artistes ! Ils les ont sélectionnées avec précision en reconstituant le réseau de relations de ces peintres à l’époque de l’âge d’or hollandais.

Donc un mode de travail pour ces spécialistes du XVIIème très différent de celui de leurs collègues  travaillant sur les artistes du XIXème et du XXème siècle où, écrits, biographies, critiques d’art sont souvent disponibles.

A cet égard, je précise que Pissarro, le Premier des Impressionnistes, pour reprendre l’expression de Cézanne, artiste à l’honneur au musée Marmottan et au musée du Luxembourg a écrit une correspondance d’environ 2500 lettres, une vraie mine d’informations pour connaître sa peinture et apprécier tout le contexte de la création artistique des Impressionnistes, néo-impressionnistes.

Mais revenons à cette exposition Vermeer : sa visite est un enchantement, et on trouve des circonstances atténuantes au Louvre, de n’avoir osé imaginer un tel succès !

J’espère que vous serez nombreux à venir visiter cette exposition emblématique  le mercredi 26 avril à 17H30 !